ATELIER « ÉCRITURE CRÉATIVE ET MARIONNETTES »
Déroulement dans les grandes lignes – Commentaires - Fonctionnement - Biographie de l’accompagnatrice 

 

I -Déroulement dans les grandes lignes

 

Thème  1  (1 séance):
Organisation sociale du groupe
Que représente « écrire une histoire » ? Quel va être le projet ?
Présentation des marionnettes : description et portrait : quel imaginaire ?

- Mise en place d’une organisation sociale du groupe permettant un libre échange des idées en toute sécurité. Demander à l’individu de s’exprimer devant le groupe peut se révéler difficile. Plusieurs facteurs, comme la peur du jugement de l’autre, peuvent rendre cette expression difficile et la rendre moins libre. Il est donc important de mettre en place, avant tout, un contexte qui ménage sécurité et liberté.
Sécurité : mise en place d’une charte qui protège l’expression individuelle.
Liberté : liberté des moyens d’expression (textes, dessin, parole, informatique, photos, reportage sur ce qui est en train de se faire…), liberté d’expression, liberté de mouvement, liberté par la co-gestion du projet,
- Mise en évidence des représentations qu’ont les individus « d’écrire une histoire/un livre... » et définition de l’objectif final : que veut-on écrire ? Sous quelle forme ? (format ? Couleur? nombre de page ? Illustrations ?) Pour qui on écrit ?
Remarque : Le spectacle de marionnette joué peut inspirer d’autres forme écrite que le « récit »…:un poème dessiné, un scripte, un scénario, un haiku...
- Présentation des marionnettes : premières descriptions écrites et orales des marionnettes : caractères physiques et portrait, quel univers, quel monde imaginaire véhiculent-elles ? 

Voyons dans le choix d’écrire une histoire (conte) et d’en faire un livre…
(groupe d’enfants de primaire D’École de Devoirs)

Thème 2  (1 séance)
Le spectacle de marionnettes
http://www.demant.be/buguelnoz/III-Poesie-du-Feu-et-Terre-videos.php

- Avant le spectacle :  étude du décor (Où ? Qui ? Quand ? Quoi ?): approche orale et collective

Au terme de cette analyse et avec les descriptions faites sur les marionnettes lors de la séance 1, nous aurons déjà archivé un premier matériel écrit.
- Spectacle de Marionnettes (20 minutes) : « Poésie du Feu et de la Terre » réalisé et joué par Nadja Renouard
- Après le spectacle : provoquer une interprétation personnelle : chaque individu s’isole avec un petit enregistreur pour y raconter ce qu’il a retenu ou compris du spectacle puis est invité à écrire, dessiner, illustrer ses sentiments sur un « petit papier ».
A cette étape nous essaierons de provoquer la rencontre avec soi-même, de lancer un processus où l’individu pense et organise son monde.
… /… (Suite)
Nota : Ces allers-retours entre l’intime et le social sont présents et nécessaires tout au long de l’atelier, à toutes les étapes. Il y aura des temps pour l’interprétation personnelle car l’écriture ne sera collective qu’à condition que l’individu ait eu le temps de penser (et de se penser…).

 

Thème 3 (1 à 2 séances)
Mise en commun des interprétations du spectacle
Inventaire du matériel recueilli et élaboration d’une première architecture de l’histoire.

Mise en commun des interprétations individuelles : Comment peut-on les réunir ? Quelle histoire peut relier l’ensemble des idées ?
A la fin de la séance un synopsis général devrait se dégager ainsi que les contenus principaux du récit. (Qui sont les héros ? Quelle est leur histoire ? Quelle est la quête ? L’élément perturbateur ? Le dénouement ?...).
Cette séance  est consacrée à la structure, l’architecture et l’organisation du conte. Les décisions sont prises en assemblée avec la contrainte qu’au moins une idée de chaque individu soit reprise dans le texte.

Thème 4 (1 à 2 séances)
Écriture

Après un travail de synthèse réalisé en amont par l’accompagnatrice, un document reprenant la structure décidée en groupe est lu et distribué à chaque individu. Il propose des lanceurs d’écriture pour chaque étape du récit. Chacun est invité à les compléter, les détailler et les développer individuellement et par écrit. Puis les idées sont exprimées dans des  groupes de discussion de 2 ou 3  personnes. Ainsi de suite jusqu’à une mise en commun générale avec des décisions à prendre collectivement et dans le respect de la charte du groupe.
La séance 5  est une prolongation de ce travail avec un début d’illustration.

Dans le cas d’enfants, la brièveté de l’atelier ne permet pas (ou peu) de les inclure dans le processus de structuration de l’écrit. La synthèse de l’accompagnatrice est nécessaire pour que les enfants voient l’avancée de leur travail et que leur apparaisse la réalité et la forme de ce qu’il sont en train de produire.

Thème 5  (1 à 2 séances)
Illustrations
Titre et Morale

Lors des dernières séance, on travaille sur l’illustration du conte et sa mise en page finale.
le « squelette » du livre est communiqué aux enfants. Une mise en page de leurs écrits et décisions orales est proposée. Chacun est invité à  faire une proposition artistique et à participer graphiquement.

Le groupe propose et vote pour un titre.

Collectivement, énonciation et rédaction de la morale de l’histoire.

 

II - Commentaires

Dans cet atelier, le spectacle de marionnette est utilisé comme un lanceur d’écriture. Il est visionné en groupe et constitue l’expérience commune à partir de laquelle se construit l’écrit. Le genre d’écrit n’est pas imposé, il est choisi en amont par décision collective : récit, conte, poème, haiku,  scénario, scripte, ...(séance 1). La finalité est d’en faire un objet social, imprimé et/ou numérisé et diffusable.

Le spectacle proposé a la caractéristique d’être sans parole et de jouer avec une symbolique intergénérationnelle et multiculturelle (le cercle, la terre, l’arbre, le feu, la clef, le serpent, l’araignée, la femme, le lutin/djinn, la danse, le livre et les écrits magiques). L’ensemble de ses symboles est offert aux spectateurs dans une mise en scène poétique non narrative : le spectateur peut  associer les  images librement et il inspire une déclinaison infinie d’histoires. Face à cette proposition artistique, chaque individu est donc mobilisé pour créer du sens à partir de sa propre histoire, sa culture.

La diversité des lectures construit la richesse de l’écrit collectif final.
- qu’est-ce que j’ai compris ? (passage de l’émotion à l’oral : le spectacle est un déclencheur d’émotions, un moyen de faire émerger une identité de récepteur. Provoquer l’interprétation personnelle subjective - en facilitant l’émergence de l’intime vers le social 
- qu’est-ce que l’autre à compris ? (mise à distance, argumentation)
- comment mettre en commun et écrire ensemble ? (construction collective de l’écrit, passage de l’oral à l’écrit).

L’écrit est ici à considérer dans sa forme la plus large. Puisque la volonté est de travailler dans une hétérogénéité de culture, d’âge et de niveau d’écriture, la forme scripturale pourra relever, selon les individus, de l’écriture, du dessin, de la calligraphie, de l’illustration… Les outils informatiques pourront être utilisés dans certains projets  (montage audio, montage vidéos possibles)  (dans le cas d’un atelier de 8 séances au moins...).

Le principal intérêt de l’animatrice est la participation individuelle au projet collectif. C’est ce qui définit le cadre de ses régulations (feed-back). Tous les individus du groupe seront sollicités selon leurs goûts, leurs désirs et respectés dans leurs peurs et leurs inhibitions lors de la construction collective d’un écrit à publier. Chaque individu est acteur du projet, l’écrit est pensé comme une situation de communication et est le lieu d’une construction collective.

Dans le cas de trail avec des enfants,  il est important de noter que cet atelier ne se substitue pas à un travail scolaire.
Cependant, l’accompagnatrice utilise un vocabulaire scolaire et s’inscrit dans la lignée des objectifs de l’école. Concernant par exemple, la structure narrative du récit (situation initiale, élément perturbateur, péripéties, élément rééquilibrant, situation finale), le « savoir décrire » en utilisant des adjectifs, adverbes, des compléments de phrases, en faisant des portraits, en décrivant des lieux, des personnages, des ambiances., l’utilisation des connecteurs….

Ce qui est important c’est la rencontre positive avec l’écriture et la mise en avant de la dimension réflexive et créative du langage écrit.
Ce qui doit laisser des traces, c’est le plaisir d’avoir écrit et la fierté de voir un produit artistique fini.

 

III – Fonctionnement

Organisation :
- organisé en séances de 3 périodes de 50 minutes de préférence hebdomadaires (1 séance = 3x50’)
- nombre de séances suggérées 6 à 8 sur une durée de 3 mois maximum.
Aménagement possible en collaboration avec l’école.

Collaboration :
Une collaboration avec l’instituteur sur base de son ou ses objectif(s) pédagogique(s) du moment est souhaitable.

Public concerné :
Ce projet est très souple et peut s’adapter à beaucoup de situations.
Il est conçu avant tout pour des enfants de primaire (1ère/2ème/3ème) ou (4ème/5ème/6ème),
Taille idéale du groupe : 8 /10 individus (augmenté si présence de l’instituteur).
Possibilité d’inventer quelque chose avec des groupes plus larges (soit sur une période plus longue, soit en dédoublant les groupes et en installant des séances de restitution du travail et échanges autour de l’écrit).

Lieu :
Type « salle de classe »ou bibliothèque possible.

Finalité :
L’impression et/ou la numérisation  du travail réalisé et sa diffusion.

Transport :
Point de départ : Liège
Moyen de transport, bus, train ou voiture
en voiture, kilométrage pris en compte au-delà de 30 kms de Liège (0,30 cts/kms)

Langue :
Francophone

 

IV - Biographie de l’accompagnatrice :

Après avoir exercé en tant que professeur à l’Éducation Nationale en France pendant 5 ans, Nadia Renouard entreprend un cursus universitaire à Paris VIII dans le département des Sciences de l’Éducation. Le sujet étudié alors est celui d'un projet collectif d'écriture d'enfants de primaire (cycle II) dans une école publique du XXème arrondissement de Paris, l’école Vitruve. Les pratiques du projet d'écriture collective et les pratiques pédagogiques innovantes observées ainsi que leur mise en perspective théorique dans un cadre universitaire inspirent très largement l'atelier « Écriture et Marionnette » présenté ici.

Tout en continuant à multiplier des expériences dans le domaine de la construction de projets pédagogiques avec les enfants, Nadia Renouard crée un théâtre de marionnettes à fils en 1998 (http://www.demant.be/buguelnoz/).

Professionnalisée  dans ce secteur en Belgique depuis 2008, elle propose des spectacles de marionnettes sans parole pour un public large d'adultes et d'enfants dans les festivals de théâtre de rue, de marionnettes, dans les événements populaires, les écoles…

Aujourd'hui installée et reconnue dans le secteur artistique, c'est en toute cohérence que lui est venue l'idée de proposer des ateliers d'écriture autour de ses spectacles de marionnettes.
Nadia Renouard a 49 ans. Elle habite en Belgique, à Liège. Elle exerce son métier de marionnettiste et propose dorénavant cet atelier « Écriture et Marionnettes » dans diverses institutions pour développer, pratiquer, préciser et affiner l'extraordinaire potentiel de « l'outil marionnette » comme facilitateur d'écriture.

 

Expérience  Atelier « Écriture créative et Marionnettes »
Elle a réalisé cet atelier 4 fois, dans 3 écoles de devoirs et dans une classe d’école primaire :
2013 : École primaire de Bussière Boffy, 87330 – Val d’Issoire (Fr)
2016 : École de Devoirs La Tchicass, 4020 Liège
2017 : École de Devoirs Le Petit Coup de Pouce et du PCS Dison – 4820 Dison
2017 : École de Devoirs de la Maison Carrefour – CPAS Liège - 4020 Liège

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